Nouveaux Carnets de Route No7 2003
Pai (in the sky) mercredi 19 novembre 2003
Hé bien comme prévu, mes "plans" ont changé...
Dimanche 9, on avait prévu d'assister au spectacle qui devait être grandiose dans les ruines du temple de Phimai, mais quelques discussions tendues pour une histoire finalement sans gravité nous a fait rater cet évennement annuel.
Zut! Pourquoi hommes et femmes parlent-ils un language si différent?!
Et vu que les filles devaient retrouver l'école, lundi matin on reprend le bus pour Korat d'où un autre bus nous emmène à Katharalak. Et naturellement notre bus était légèrement en retard et de ce fait on croise la correspondance qui devait nous ramener à 20 Km de là, presque devant la maison de Joy.
On prendra donc un Songthaews (pick-up couvert avec deux bancs) pour 170 bath, près de CHfrs 6.- (pour les quatre)!!!
Heureusement que dans le bus à la clim défectueuse et surchargé dans lequel j'ai été assis par-terre ou debout dans le couloir les trois quarts du chemin, et où Joy a dû disséminer ses filles en troisièmes occupantes de banquettes pour deux auprès de femmes compatissantes, et qui nous a fait parcourir les près de 300 Km précédents en cinq heures a oublié de nous faire payer!
Bien sûr, les filles ont souffert et rempli tous les sachets plastiques qu'on avait réservé pour l'occasion...
Enfin, on arrive "à la maison" et la douche est plus que bienvenue.
N'ayant pas eu de moment entre quatre yeux" depuis mon départ pour le Cambodge, on décide d'aller manger une tom yam et du boeuf séché au soleil ainsi que des grillons frits dans un karaoke du coin. Pas mauvais les grillons, mais cinq bestiolles me suffisent! Par contre, le SangSom coule de nouveau à flots et Joy me gratifie de quelques chansons ayant bien sûr trait à l'Amour, à ses joies et à ses peines de sa voix si agréable...
Sur le chemin du retour, on fait un détour par les rizières familiales sous la lune encore presque pleine... Romantique mais on est dévorés par les moustiques!
Mardi matin, a quatre sur la moto familiale, on emmène les filles à l'école. Grosse crise de Baïteuy qui refuse de rester malgré les menaces de baguette de sa mère. Elle revient donc avec nous mais se fait très discrète, tourmentée par sa mauvaise conscience et les mots de sa mère...
Carte étalée et guide ouvert, Joy suggère de filer d'une traite sur Chiang Mai voir Pai plutôt que de remonter le Mékong vu la vitesse à laquelle disparaisse mes journées restantes. J'approuve sans aucune contestation et suggère de ne partir que jeudi, ce qui lui donne le temps de faire toutes les lessives...
Mercredi journée sans histoire, au retour de l'école les filles réclament mon ordi pour jouer au solitaire et au flipper sous l'oeil intéressé de leur arrière grand-mère...
La nuit précédente, j'ai dû me lever quatre ou cinq fois pour soulager ma vessie que je n'avais pourtant pas surchargée, mais avec la pluie intermittente et le ciel couvert de la journée, il fait très froid dans cette maison ouverte, et au matin mon nez suinte et je tousse.
Jeudi, dans un état fièvreux, mes sinus surchargés et ma gorge douloureuse, on quitte le lieu de vie de son clan vers 13h pour attendre la camionnette-bus qui devra nous emmener à la ville. 14h10 enfin on est chargé et à peine arrivés à la gare routière, un bus roulant fenêtres et portes ouvertes nous fait ralier en 1h40 la capitale de la province, Si Saket. On y prend nos tickets pour un bus VIP 32 sièges en direction de Chiang Mai.
Deux hôtesses nous distribuent de l'eau, des chips et un jus de lychees.
Et heureusement que j'avais prévu le coup car pour justifier le prix du ticket, la clim tourne à fond et la couverture du bus suffit juste à me couvrir des orteils au nombril. Donc emmitouflé dans ma veste polaire légère, ma couverture de voyage piquée chez China Airlines l'année passée coincée dans mon chapeau pour me couvrir le visage et le thorax, une bouteille de sirop expectorant et deux sachets de bonbons Strepsil dans les poches au départ, et dans mon organisme à l'arrivée, je réussis à dormir presque tout le voyage, profitant tout de même des deux arrêts repas à 23h et 4h du matin.
On arrive à "La Rose du Nord" à 9h30, le soleil brille et enfin je me réchauffe un peu en déjeunant de riz et poulet sauté à l'ail et poivre.
Une heure plus tard on repart en direction de Pai, à 120 Km de là. Mais pour atteindre les 1300m d'altitude avec cet autre bus ouvert, il nous faut 3h30, la route étant particulièrement sinueuse.
Vendredi 14h, après 24h de voyage partis de l'est-sud-est du pays, on atteint notre destination située à l'opposé nord-ouest du royaume.
Pai a (ou du moins avait) une réputation de petit Katmandu avec pas mal de fumeurs de ganja.
Pas loin de là résident des tribus montagnardes qui cultivent d'ailleurs encore le pavot pour sa résine qui a eu inspiré Baudelaire et d'autres...
L'année passée, j'ai changé deux fois de bars (un des deux a disparu depuis) car on y fumait sans gène l'herbe locale, et la loi est très stricte en Thaïlande. Une prison surnommée Bangkok Palace Hotel, mais aux conditions de survies minimales, est réservée aux touristes ayant pris le risque de goûter aux paradis artificiels.
Si il y a une descente de police dans un lieu où sont consommées des substance illicites, tout les clients sont invités au commissariat pour tests d'urine, dépositions et amendes ou autres complications.
Je préfère clairement m'abstenir et respecter les lieux que je visite!
On s'installe donc chez Mr Jan's Guesthouse, là où j'avais bénéficié de cet excellent massage birman.
Ici un "Medicinal Plant Garden", un "Herbal Sauna" et à plusieurs endroit des pancartes avec "NO DRUGS".
Une agréable chambre dans un bugalow à 150 bath avec salle de bain et eau chaude fait très bien l'affaire.
Soirée calme et coucher tôt, on en a bien besoin.
Samedi, après une grasse matinée, déjeuner puis location d'une moto pour visiter les alentours, je lui montre Mor Paeng Waterfall et les sources d'esu chaude Thar Pai que j'avais visité l'année passée. Ces sources sulfureuses resugissent en petits bassins bouillonnants. Des coquilles d'oeufs traînent aux alentours, l'eau atteignant les 80° Celsius, certaines personnes s'offrent la démonstration de leur cuisson!
Dimanche matin notre cours de massage Shan-Birman débute juste pour nous deux. On apprend la suite de mouvements couvrant la partie postérieure du corps.
Et ayant entendu que d'autres personnes étaient intéressées par un herbal sauna, on revient à 18h pour notre séance sudation.
Ce type de sauna est en fait un bain de vapeur au fonctionnement des plus simples: derrière un mur, une grosse marmitte avec un foyer, deux trous percés dans son couvercle accueillent des tubes de bambou qui traversent le mur pour rejoindre un espèce de gradin en bois couvert d'une bâche avec deux ouvertures style entrée de tente de camping sur l'avant et quatre trous circulaires sur la partie supérieure. Par ces derniers on garde la tête hors de la vapeur aromatisée des plantes médicinales du jardin, de manière à respirer de l'oxygène propre plutôt que les toxines exhalées par nos pores. Il y a tout de même un banc plus élevé permettant une immersion totale.
Après deux fois quinze minutes coupées de 5 minutes à l'air et abreuvés de "Lemongrass Tea", une cousine de Mr Jan nous étale un mélange de miel, citron vert et "makrout", un autre type de citron vert encore plus astringent.
Immersion totale pour les quinze dernières minutes avec une sensation de se faire tirer les déchets hors de la peau! La séance se termine par la "Herbal Shower", douche chaude fournie par la "tisane" de la marmitte!
De retour dans notre chambre, ma peau rougie continue de suinter pour un bon quart d'heure encore, ce qui appelle naturellement à une dernière douche au savon.
Une petite heure de relaxation plus tard, il est temps d'aller régaler nos papilles et estomacs.
On décide d'un dernier petit verre, mais vu que tous les lieux publiques du coins ont été corrompus par les touristes affamés de TV projettent des films, on se trouve un resto pour thaïs diffusant de la musique thaï. Malheureusement il n'ont pas de "Spy", un winecooler que Joy apprécie sans toujours y appliquer la modération, par contre le SangSom, rhum local, y est facturé 85 bath la bouteille de 3dl, soit env CHfrs 2,90!!!
L'ambiance sympathique et peut-être l'effet du sauna nous font commander une deuxième bouteille dont on emporte la moitié restante lorsque vers 1h le resto ferme.
Mais arrivés au bungalow, Joy doit aller vomir son excès de ce breuvage (en général, elle supporte bien plus que ça!) puis rapidement s'endort.
9h15 Mr Jan ne nous ayant pas vu nous pointer à l'heure pour son cours, il frappe à notre porte, nous n'avons pas entendu le réveil!
Gueule de bois mais prêt à assumer, je me douche et m'habille rapidement. Joy par contre souffre de tout son corps de notre dernière soirée. Plutôt honteux, je vais donc demander à Mr Jan si nous pouvons prendre congé pour aujourd'hui, ce qu'il accepte en rigolant à la narration de notre problème.
Je me recouche, et en fait heureusement que l'on a reporté car il me faut jusqu'à 14h pour partiellement me remettre et trouver le courage d'aller grignoter un morceau afin de ne pas arriver l'estomac vide pour le massage que je me suis réservé à 16h...
C'est le même homme édenté et d'un âge certain qui me prend en charge.
Cette technique est excellente. Elle ressemble sur la base au massage traditionnel thaï, mais au lieu d'utiliser des pressions profondes des pouces ou talons des mains, ce sont des cercles à travers les mêmes trajets qui sont appliqués, ainsi que des stretchings comparables à ceux du thaï. Il est probablement plus actif sur la circulation sanguine et lymphatique mais moins "précis" d'un point de vue thérapeutique de relâchement des tensions musculaires.
Je dirais un parfait massage de rétablissement après l'effort.
Mardi matin nous sommes frais et à l'heure pour nos cours et à la tombée de la nuit, profitons d'une nouvelle séance de herbal sauna, mais sans excès après souper!
Ce mercredi, la suite. Hier soir j'ai profité qu'elle était fatiguée et s'est endormie après la sauna, et en ce moment j'ai envoyé Joy profiter d'un bon massage afin d'enfin pouvoir profiter de l'ordi pour vous écrire...
Je n'aurais jamais dû montrer le fonctionnement de l'ordi aux filles car depuis, c'est moi qui ai à me plaindre qu'elle aime plus mon laptop que ma personne, elle le monopolise tout notre temps libre!
... Et quand on parle du loup... La voilà de retour affamée et me pressant d'aller croquer quelque chose "Leo leo, pai kin khao!"
J'essaierai de récupérer ma machine plus tard pour ajouter les photos...
A bientôt... peut-être!