Nouveaux Carnets de Route No3 2003


Kantharalak, le 20.10.03


Ben tout d'abord merci pour tous vos mails et compliments... Si vous dites vrai, je vais me faire écrivain!


Au sujet de vos re-, svp ne me retransmettez pas mon mail, effacez mes textes et photos de vos réponses, car je me connecte généralement par natel via GPRS, donc en plus du temps nécessaire à downloader les mails, je paye chaque kilo-octet, et de ce fait je ne download les mails de plus de 30ko que lors de connections dans des cyber-c@fés, et même là, un modem 56k partagé entre 10 postes rend tout gros download difficile, limite acceptable: 300ko. Préférez également le mode "texte" au mode "html", net-addict que je suis je check souvent mon mail via le wap.

Sorry also und enschuldigung to my english speaking und deutsche sprache friends und freunden, most of my friends reading french, und auch weil ich diese sprache besser handle... Anyway, at least Enjoy the Photos ;-)


Désolé de ne pas forcément prendre le temps de vous répondre personnellement à chacun, mes journées étant déjà bien occupées et Joy étant "jalouse" du peu de temps que j'ai passé jusqu'ici sur mon ordi.


Je commence d'ailleurs peut-être à comprendre un peu mieux comment obtenir des aveux d'une femme: C'est comme pour la préparation du vin, d'abord il faut mettre le raisin sous pression, on obtient un jus acide et peu plaisant, il faut donc un peu de patience, le laisser reposer, fermenter et mûrir, à ce moment seulement la vérité (In Vinum Veritas) peut être extraite et finalement celà peut même se révéler plaisant.

Donc l'histoire qui nous minait un peu s'est révélée sans aucune gravité, que du passé...

"Past is History; Future is Mystery; Present is a Gift, that's why it's called Present"


Pardon pour la première partie de ce mail, je sais que ça rebutera certaines et certains autres n'y comprendront peut-être pas grand-chose, mais je sais que d'autres sont curieux au sujet de mon matériel... La deuxième partie sera plus "real life" et rurale, cette photo de mon bureau actuel au milieu des rizières en témoigne...





Pour ceux-ci, mon matériel se compose d'un Olympus C-4040 en tant qu'appareil photo, un choix que j'avais fait par rapport aux comparatifs de www.megapixel.net. il ne tient pas dans la poche, c'est un inconvénient, mais avec 4 accus AA Ni-MH, il a une bonne autonomie, facile d'emplois sans limiter les possibilités de règlages, et surtout une qualité d'image qui me convient parfaitement.

Caméra vidéo achettée d'occaze Sony TRV600E lourde et volumineuse, raison pour laquelle je l'avais abandonnée à Genève au matin de mon départ de l'année passée, mais avec un accu longue durée elle aussi.

Côté ludique et sauvegarde, l'excellent Archos AV300, jukebox multimédia doté d'un disque dur de 20Go, ainsi que son lecteur de cartes mémoire qui me permet de sauver mes photos. Un achat fait alors que je n'avais pas encore imaginé emporter un laptop, mais que je ne regrette pas du tout.

Et mon PC d'occaze, un Dell Latitude CPi A366XT, PII 366Mhz, 10Go HD, 128Ram, TFT 13" qui tourne superbement sous winXP pour les tâches que je lui attribue et que je vais enfin pouvoir faire réparer...


Lundi 13 octobre, je me rends donc, sur les conseils de mon père,qui, lorsqu'il n'est pas retenu par des "affaires" en Suisse, vit avec son épouse Bernadette sur Na-Maka O Kaha'i, un Super-Maramou de chez Amel, magnifique et confortable voilier 2 mâts de 16 m, et bien qu'ayant quitté La Rochelle à l'automne 1995 et rushé entre les Caraïbes, la Méditerranée, traversé le Pacifique via Panama et quelques île aux noms suggérant les rêves les plus doux, est basé à Phuket depuis environ quatre ans, et, du fait que l'électronique embarqué souffre de la chaleur et de l'humidité, a déjà eu reccours aux bons services de Global Solution, un shop parmis les deux ou trois cents qui sont regroupés sous le signe du dieu Informatique dans le bâtiment de Pantip Plaza à Bangkok pour enfin pouvoir faire réparer mon laptop.


Diagnostique du technicien: Film LCD ayant lâché. On m'annonce un devis pour le lendemain soir, ce n'est que mercredi 15h30 après avoir rappelé deux fois que j'obtiens le montant. SMS à mon père qui recontacte www.auctionline.ch, shop auprès duquel j'ai trouvé mon laptop d'assez petit format et qu'avant d'avoir à transporter, je trouvais plutôt léger.

Dix minutes plus tard, réponse à mon sms: Le devis est accepté, ce shop offrant 30 jours de garantie.

Le temps de finir un des innombrables repas de la journée, je saute dans un bus à 40 centimes et il est 17h30 quand je récupère ma machine qui fonctionne enfin sur son propre écran.

En fait, cette année vous avez eu droit aux accents là où il se doit du fait que je pouvais tout de même l'utiliser, mais pour cela, je devais me rendre dans des cyber-c@fés acceptant de me prêter un écran en plus de la connection.

Je vous ai également passé l'épisode des fichiers système corrompus à force d'essayer d'allumer et d'éteindre mon PC dans l'espoir de retrouver un affichage fonctionnel. Et, ayant reçu cet ordinateur moins de 24h avant mon départ, je n'avais pas pris le temps de faire un Drive-Image, solution incontournable à mes yeux, et permettant de retrouver son installation dans l'état dans lequel il se trouvait au moment de cette forme de sauvegarde.

Heureusement, on m'avait prêté à Phuket un CD d'installation XP, mais en anglais cette fois-ci, et, au lieu de pouvoir réparer ces fichiers, c'est donc une complète ré-installation que j'ai dû faire.

Par chance j'avais emporté avec moi le CD sur lequel j'avais gravé la plupart des programmes destinés à mon joujou. Me manquaient l'atlas et mon programme de comptabilité.

L'année passée encore, Pantip Plaza était La Mecque des copies de DVD, CD audios et bien entendu le supermarché des programmes piratés. Entre temps, Taksin Shinavatra, le premier ministre thaïlandais a sérieusement sévi sur ce marché et la guerre aux copies s'est même étendue à des cargos transformés en usines de gravures, livrant sur le continent leurs galettes par hors-bords ultra-rapides. Cette année, fini. un ou deux vendeurs accostent discrètement certains visiteurs et proposent encore quelques DVD et sexy-movies, par contre, le choix de programmes est ultra-light, les compilations ont disparu et mes deux truffes ne sont pas disponibles. Je finis par les trouver sur un stand de Kao San Road. L'atlas Encarta fonctionne, mais la version de money 2003 anglaise sembe ne pas être compatible avec la 2003 française, et de ce fait me fait une erreur de mot de passe sur mon fichier. Zut, j'aurais aimé savoir plus précisément où je navigue question finances.


Nous avons donc passé ces jours à Bangkok sans autres grandes occupations que de manger et dormir. Le temps était étouffant entre les averses ou orages dont un fut particulièrement violent! De plus, Joy était un peu barbouillée du ventre ce qui l'a rendue un peu paresseuse pour entreprendre une virée vers le Pont de la Rivière Kwaï ou le marché flottant de Damnen Saduak.


Jeudi est donc arrivé, et il a été convenu que sa mère nous rejoindrait au terminal des bus en direction du nord et nord-est vers 19h, notre bus devant prendre la route à 20h.

Une particularité des gares routières par-ici est que, au lieu d'un guichet distribuant tous les billets, chaque destinationa son propre guichet, en fait deux ou trois selon la catégorie de bus désiré. Il faut donc déjà trouver LE bon guichet parmis une petite centaine!

La circulation étant telle à ces heures à Bangkok, le taxi de Madame l'a enfin déposée à huit heure moins dix.


Entre temps, la peur de me retrouver dans sa famille et les dépenses en cadeaux qu'il se doit de faire ont eu le temps de créer en moi une panique telle que j'ai failli prendre n'importe quel autre bus pour n'importe quelle autre destination afin de me soustraire à ces présentations! Je l'ai finalement joué à pile ou face en trois tours...

Face, pile, face! Et face signifiait "faire face".

La rencontre fut donc très rapide, le temps de prendre les billets qui étaient en suspens vu le retard et de courrir jusqu'au bus de 52 places. Le placeur avait gardé trois sièges sur une même rangée, le guichet l'ayant averti de notre probable présence à bord. D'autres retardataires ont moins de chance que nous et c'est sur des tabourets rajoutés dans l'allée qu'ils voyageront. Et, après les quatres autres arrêts en route vers la sortie de cette mégapole, ils sont 15 à subir le même sort. Mes jambes souffrent qund même de l'espace "standard thaï"!

Pas de communication pendant les 14 heures que dureront le voyage avec la mère de Joy qui me fait penser à une squaw, tout en rondeur, un visage rond, petite bouche et petits yeux exprimant la bonté et élégamment vêtue d'un chemisier en soie bleu foncé et motifs couleur or.

J'avais d'abord pensé que c'était pour profiter d'un "billet gratuit" qu'elle rentrait plus tôt de la capitale où elle rendait service à un de ces fils qui hébergeait ces jours d'autres cousins et relatifs qui vennaient lui donner un coup de main sur les chantiers.

En fait, cette honorable veuve de cinquante-trois ans est un peu chamane, et c'est pour pouvoir exécuter les cérémoniaux nécessaires à la protection de toute la famille et pour me présenter aux esprits qu'elle nous accompagne.

Arrivés à 6h du matin dans un paysage magnifique du vert incomparable des rizières et clairsemé de quelques arbres, Baïteuy et Tchompoo, les filles de Joy de 5 et 8 ans viennent à notre rencontre dès qu'elle ont pu au loin, voir le bus s'arrêter au bord de la grande route.

Deux adorables et jolies petites filles qui me charment depuis ce moment et m'appellent "Lung Farang", l'oncle farang.





Il faut savoir que Farang désigne les occidentaux, et que contrairement à la version cocorico du Guide du Routard, ce mot n'est pas un dérivé de Français-Farangsai apparu avec les colonies d'Indochine, mais un fruit à peau verte et pépins qui se trouverait entre la pomme et le coing.

(*Rectification: la version du Routard pourrait être vraie)

Je dors jusqu'à 13h tout habillé sur une natte de riz couverte d'un de ces fin matelas pliant multicolore que l'on trouve dans certains magasins d'articles asiatiques chez nous, et que sa mère fabrique entre deux récoltes du riz.

La chaleur est bien là, mais moins étouffante que ce que j'ai déjà subi.

La maison de Joy, qui d'ailleurs fait vivre sa famille est une grande maison, armature et charpente en métal et murs en béton. Toit en éternite bleue. Elle a commencé de la construire il y a 18 mois, mais elle n'est pas encore habitable, surtout qu'un jour de fort vent il y a six mois, les éternites ondulées, probablement mal fixées se sont fendues et ébrèchées de partout. Manque donc 6-8'000 CHfrs pour la rendre habitable.


Ca me fait penser que parmis vous, il y a peut-être de généreux donnateurs, et donc j'ai une cause à vous proposer. Je vous promet solennellementque quoique vous versiez sur mon CCP 25-45798-1 C. Racine 1936 Verbier avec la mention "pour la famille de Joy" lui sera transféré, et cela quoi qu'il advienne de notre histoire.


En attendant, c'est dans une cahute traditionnelle que la vie se déroule. Un plancher sur pilotis, un toit en paille de riz et quelques tôles et plastiques du côté d'où viennent les précipitations. La vie au grand air quoi!

Seule une petite partie servant plus ou moins d'armoire est dotée de murs de planches et d'une porte pouvant être vérouillée, quoique facilement contournée.

La cuisine est aussi en plein air sous ce même toit de riz. Un poulailler en tôle juste à côté.

La salle de bain est faite de 4 murs en brique avec un toit en tôle. Chiottes à la turc, un petit bassin pour l'eau dont on se sert à l'aide d'une coupe en alu pour se rincer les fesses et la cuvette, un deuxième bassin avec un deuxième récipient que l'on utilise pour puiser l'eau servant à se laver les dents et à s'asperger aux heures des douches...





Me voici donc à 20 Km au sud de Kantharalak, à un jet de pierre de la frontière cambodgienne.

Joy m'emmène achetter de l'encens et des chandelles au petit magasin du hameau puis au marché à Kantaralak.


Tout le monde veut me voir, les touristes étrangers étant très rares dans le coin, et complimente ma compagne lançant des "Luei Luei" il semble donc que je plaise beaucoup!!!


Pour ma première soirée, les cérémonies aux esprits se dérouleront tout d'abord chez sa grand-mère qui habite une cahute de planches juste à côté. Offrandes de whisky d'Isan, à peine plus cher que l'essence, figurines réalisées en feuilles de bananier, riz et quelques baths. L'ancêtre qui m'a été sympathique et presque familière au premier regard et qui marche marche courbée, le visage buriné par le soleil et les années marmonne quelques mots alors que tous trois tenons l'assiette en tôle dans laquelle sont déposées les amulettes, emporte une verre du douteux breuvage et va en cracher aux coins de sa maison et déposer les offrandes vers la maison des esprit.


Ensuite, tous les adultes présents, des oncles, tantes, soeurs, cousines, en fait huit femmes, certaines au visage plus simièsque que siamois,les joues déformées et les dents rougies par le béthel, et deux hommes nous nouent trois brins de fil banc au poignet en chantonnant des paroles sensées éloigner la mauvaise fortune et apporter la chance. Assez impressionnant que tout cela!

Une ribambelle d'enfants sont là aussi...


Vient alors l'heure des réjouissances. Les six verres que possède cette grand-mère tournent afin que chacun boive un peu de bière et une tante apporte des nouilles de riz préparées "pet" (assez fort) et des coquillages que nous avions achetté au marché une heure auparavant. Un seul de ces coquillages durs me suffira, mais eux, ils en raffolent.


Ceci fait, tout ce beau monde parcourt les 30 mètres qui séparent les deux maisons et pendant que la mère de Joy va régaler et apaiser les esprits, la fête continue avec chansons et karaoke, un lecteur de VCD (norme chinoise du DVD usant de simple CD comme support) et la TV servant de support.



Ce samedi, à quatre sur la moto, nous sommes allés aux chutes de Nam-Tok, a 30 minutes d'ici. Un coin très charmant où l'eau est bonne et les cailloux alentours servant de plages aux groupes d'ados et familles. La baignade se fait tout habillée.

Tchompoo, l'ainée, est un vrai poisson, plongeant et nageant sous l'eau sans aucune crainte alors que Baïteuy est moins téméraire et requiert la main de sa mère dès que l'eau lui arrive aux cuisses. On se partage une som-tam, salade de papaya verte, accompagnée de nouilles de riz, de sticky-rice (riz collant) et deux cuisses de poulet grillées sur un des stands avoisinant avant de rentrer.






Je passerai probablement encore 3 ou 4 jours ici avant de prendre la route seul en direction de Poïpet, un des deux seuls points d'entrée, bien plus au sud-ouest, vers le royaume khmer du Cambodge, mon visa thaï expirant le 24.


Je retrouverai Joy normalement deux semaines plus tard pour le Festival de Loï Kratong, la fête de l'eau et des rivières qui a lieu à la pleine lune de novembre, quoique le Cambodge offrant une fête similaire à la même date pourrait me voir prolonger mon séjour...


Un prochain carnet plus court cette fois-ci je l'espère devrait probablement être rédigé d'ici-là...


A bientôt Cedric