Nouveaux Carnets de Route No2 2003
Bangkok 12.10.03
Hello again,
Hé bien donc, comme il se doit, la dernière parade du Festival s'est déroulée samedi 4 au soir sous un feu d'enfer de chaînes de pétards XXL, mais les pieds dans l'eau.
Nous avions prévu de jouer les touristes dimanche, mais vu la générosité sans limites du ciel quand à aroser la région, nous avons repoussé notre excursion à lundi, et profité d'un des meilleurs, des plus professionnel et précis massage thaï de 2 heures que l'on m'ait administré jusqu'ici. Ma masseuse s'est évertué avec un succès agréable, à dissoudre les tensions que le port intensif de la caméra avait créé derrière mes homoplates.
Levés aux aurores, et malgré un ciel incertain, un minibus nous a collectés devant notre guesthouse à 8h pour nous emmener vers une station essence à la croisée des routes menant aux différents lieux de villégiature de l'ìle par lesquelles d'autres minibus et songthaews (camionnettes-taxi à deux bancs) sont bientôt arrivés. On nous a alors embarqués dans un gros bus d'un confort agréable, qui, chargé d'une trentaine de co-aventuriers nous a emmenés vers Phang Nga à une petite heure de là .
Cette
baie de Phang Nga est connue pour ses îles et rochers pointant
vers le ciel et pour une majorité, malgré leur
impressionnante verticalité, couverts d'une végétation
dense s'accrochant avec ardeur à chaque aspérité
possible. C'est par-là que fut tourné un James Bond en
1974, une des îles a d'ailleurs reçu son nom.
Notre
guide pour la journée est un thaï de 25 ans parlant un
très bon anglais (ce qui est assez rare, la plupart le
pronnonçant avec leurs tonalité natale), et qui, après
nous avoir présenté le programme de la journée
avec l'humour nécessaire à créer la sympathie,
nous fait débarquer dans un shop où l'on nous a équipé
de gilets de sauvetage...
À 20m de là se trouve l'embarcadaire où se suivent les groupes des différents tour opérateurs pour s'installer à bord de leurs longtail boats respectifs.
Ces
embarcations en bois ressemblent à de grandes bananes:
étroites, tout en longueur, la poutre "colonne
vertébrale" s'avançant en figure de proue, décorée
de rubans colorés et bien sûr de fleurs en offrande
assurant la protection du bateau et de ses passagers. Une quinzaine
de bancs transversaux offrent chacun 2-3 places et une armature en
métal couverte d'une bâche nous protège des
rayons ardent du soleil, mais aussi des précipitations...
À l'arrière, la fameuse "longue queue": posé sur un espèce de cardan permettant de manoeuvrer l'engin, une tige d'environ 2 mètres 50 avec à son extrémité éloignée l'élice, et, côté barreur, un gros moteur de camion à échappement libre. Un bruit bien sûr assourdissant!
Après 30 minutes de navigation à travers la mangrove, on atteint une base constituée de deux gros bateaux derrière lesquels une nuée de rameurs sur des canoës gonflables viennent tour à tour charger chacun leur paire de touristes.
On se fait donc promener dans des grottes et tunnels parfois si bas qu'il faut s'alonger pour ne pas se faire écorcher le crémol. Les roches sont colorées et rongées par les vagues et marées.
Et c'est à ce moment que la pluie reprend son arrosage de fin de mousson. Les canoës se regroupent en grappes sous quelques aplombs en attendant l'accalmie. 10 à 15 minutes plus tard, sous un crachin digne de la Bretagne, les rameurs se remettent à pagayer pour nous ramener à la base flottante.
Notre longtail remonte ses bâches latéralles faites d'un plastique bleu transparant qui nous protège tant bien que mal des grains et prend la direction du Parc National Maritime de Phang Nga et de sa fameuse James Bond Island, là où se trouve ce piton que l'on trouve sur tant de dépliants touristiques. L'îlot est un bazar où côte à côte s'alignent au moins 30 stands vendant chacun les mêmes souvenirs à la con et autres coquillages... Il faut se débattre comme un dératé pour échapper aux grappes de vendeuse qui s'aglutinent dans l'espoir de fourguer leur camelotte à chaque pigeon fraîchement débarqué et traverser l'espèce d'isthme de sable qui relie les deux parts rocheuses de ce lieu de pélerinage et enfin appercevoir l'aiguillon tant exposé qui bien que surprennant par sa forme surprend encore plus par sa taille: selon les posters, on s'attend à un sacré bout de caillou. Ben non, pas si grand que ça en fait!
Vingt minutes pour soulager les besoins de clic-clac et en mettre plein sa caméra puis retourd sur notre esquif qui va enfin nous emmener manger. Destination: un village de pêcheurs musulmans sur pilotis accroché à la côte d'un autre de ces rocher emmergé. Même la mosqué surplombe les eaux. Le repas constitué de six plats différents servis simultanément selon la tradition thaï, en plus d'être froid en arrivant sur la table ne casse rien. Heureusement, l'ananas servi en dessert était bon. Quand au café inclus (j'aurais peut-être du prendre le thé), même le pire des amérloques de base aurait trouvé cette eau sale fadasse.
Bon, on repart toujours sous une bruine rafraîchissante mais pas trop dérangeante et bientôt on retraverse la mangrove pour rejoindre notre ponton de départ.
Surprise, mais à peine débarqués, nous avons la preuve de l'efficacité commerciale de ce peuple, quelques femmes nous hèlent pour nous vendre de petites assiettes décoratives avec la photo prise à l'embarquement de chaque groupe ou couple en médaillon! CHFrs 3.50 , difficile de résister à ce souvenir touristique.
Notre car nous emmène ensuite à 20 minutes de là dans un camp d'entraînement pour éléphants. Sur le même lieu, une démonstration de la récolte et transformation du latex, de la saignée de l'hévéa jusqu'à la confection de plaques caoutchouc brut nous est faite. Suite à quoi, notre groupe est scindé en deux, les premiers profittent d'une ballade sur le dos d'un éléphant, la femelle de 2 tonnes qui nous promène a déjà 60 ans! Au détour d'un arbuste, soulevez un peu plus le parapluie, voilà, smile et clic, un des employé du camp armé d'un petit numérique nous tire le portrait. Cette fois-ci, on sait que la photo nous sera revendue un peu plus tard... On relâchera encore une thune, l'argument pour un prix si élevé étant que notre achat permettra de nourrir ces goinfres de pachydermes.
Et pendant que la deuxième partie de notre troupeau profite de la des montures, nous est présenté un spectacle de bébés éléphants. Ils ont 5 et 6 ans, mais sont effectivement encore très loin d'une taille adulte. Ils commencent par faire du bruit dans des armonicas qu'ils manipulent du bout de leurs trompes tout en "dansant". Assis-couché-quelques pas juste sur leurs pattes arrières puis antérieures, attrappage de billets de 20 baths (70 cts) qu'ils emmènent au comptoir d'à côté en échange d'un panier de bananes naines rapporté au généreux donateur qui peut alors les offrir en gourmandise à ces petits génies. Je me prête très volontier à la démonstration de massage. Allongé sur un petit matelas, Rambo, l'aîné, me tamponne délicatement le dos de sa patte qui pourrait facilement m'applatir tel une crêpe. Bien agréable. On me dit de me retourner pour le massage du ventre, effectué tout en délicatesse... Et pour amuser l'assemblée et récompenser mon thérapeute de 600 Kg, le mahout me met des bananes entre les jambes que la trompe va rechercher en fouillant... Le maître ordonne "tchoup" (bisou en thaï) et la trompe vient tendrement me faire de vrais becs sur les joues et sur le front. Adorable.
Notre véhicule nous ramène ensuite à un centre de joaillerie. On visite l'atelier peu intéressant et des hôtesses nous pressent vers le show-room que nous visitons en coup de vent, évitant les vendeurs. À la sortie, les minibus et songthaews nous ramènent enfin par petits groupes à nos hôtels.
Mardi, le soleil semble de retour et alors que nous avions prévu de quitter l'île en principe dimanche, nous louons de nouveau une moto pour rejoindre Kamala, une plage entre Patong et le petit paradis de Laem Sing visité quelques jours plus tôt. Une cousine de Joy, mariée à un farang écossais, y vit et tient une boutique d'artisanat d'Isan. Une très belle femme de 32 ans qui avait été recueillie par le frère du grand-père de Joy. Ces "grands-parents" dont Keaw prend soin à son tour, arrivent peu après à la boutique. malgré ses 75 ans, il a l'oeil vif, le cheveux noir de jais et les lèvres et les dents rouges à force de chiquer le béthel, elle semble tout autant en bonne forme et sa bouche présente la même particularité.
On va faire un tour au marché du soir avec Keaw, achetter de quoi les nourrir, alors que, accompagnés de Chan, une amie proche, on ira souper chez Fred & Oï, un franco-suisse et sa femme thaï qui tiennent le Ban Maï, un restaurant très agréable où l'on déguste une excellente cuisine thaï. Quelques plats européens sont également proposés de même que du vin ou du Pastis... Adresse à retenir!
Encore un verre dans un bar du coin, et ayant été invités à profiter du bungalow que Keaw offre à la location, on se laisse tenter à terminer la soirée dans un karaoke. Et encore un dernier à la maison.
On se retire enfin au bungalow à 5h du matin, et là, Joy m'explique qu'il ne faut jamais croire un thaï, que tout est business, et que sa cousine lui a bien répété qu'elle loue ce bungalow 1'000 bath la nuit aux touristes et qu'elle espère que tout sera OK le lendemain, sous-entendu que nous aurons laissé le billet de frs 35.-en partant!
Estomaqué à cette nouvelle après une soirée qui m'avait parue très amicale, et dont, comme il se doit j'ai financé une bonne partie, surtout vennant d'une personne de son clan et au courant que je voyage "budget" à frs 5.- à 7.-/nuit, et qui de plus semble a un confort de vie largement supérieur au mien, le ton est monté avec Joy qui n'avait pas osé m'expliquer ce guet-apens devant notre hôte. Nous avons donc repris notre moto pour retourner à notre guesthouse.
Mercredi, traversée pour Koh Phi-Phi Don, et naturellement, sur le débarcadère, une nuée de rabateurs tombent sur chacun.
Je croyais qu'on avait réussi à s'en tirer indemne, mais au premier coin de rue, un dernier réussi tout de même à nous faire tomber dans son filet et à nous vendre un joli bungalow situé un peu sur les hauteurs de la baie arrière de l'île pour 600 baths (frs 21.-) la nuit, et on prend deux nuits d'un coup. Faut bien se faire plaisir de temps à autre, mais pour sûr qu'on trouvait presqu'aussi bien à moitié prix. C'est encore la basse saison jusqu'en novembre.
Après l'inévitable douche, une sieste et un succulent souper, on reviendra quand même à son agence pour réserver la ballade snorkelling en longtailboat pour le lendemain. Il nous accorde sans trop de difficulté cette fois-ci un rabais et payons pour les deux 500 baths au lieu des 300/pers que toutes les agences affichent.
Embarqués avec un couple de gros israéliens peu agréables de mon âge, un sympathique australien de 3 ans mon aîné et de sa copine thaï de 24 ans, tout comme Joy originaire d'Isan, ce qui crée la discussion, on appareille vers Phi-Phi Leh, petite soeur de notre île de base et encore une fois parc national. Détour sans s'arrêter par Maya Bay (The Beach), premier enfillage de palmes masque et tuba au sud de l'île, dans un espèce de petit détroit que forme un gros rocher ou petit îlot.
Joy hésite et finalement se lance, encouragée par sa compatriote qui a découvert ce plaisir une semaine plus tôt. Ce sera une première pour elle, et vu la rapidité avec laquelle elle se remet à l'eau aux prochains spots, elle semble donc conquise et rassurée.
C'est vrai que la température cette eau claire comme du cristal est loin d'être un obstacle, et tant les coraux que la nuée de poissons multicolores qui nous entourent sauraient charmer même les plus terrorisés par l'eau.
C'est de nouveau aux aurores qu'on se lève pour embarquer sur un "Super-Concorde", gros bateau de ligne rapide qui nous retourne au continent à Krabi en 1 heure. Encore une fois les rabateurs s'acharnent, et n'ayant pas clairement défini notre programme, ben naturellement on va manger une tom yam soup et des nouilles sautées. Manque de pot, le bistro fait aussi agence touristique.
On a finalement opté pour passer la nuit à Ao Nang, petit village en plein boum et longue plage, et de prendre le bus le lendemain pour remonter sur Bangkok. Négociations avec le pitt-bull, pardon, vendeur et, de 350 on obtient notre bungalow à 250 baths, quand au titre de transport par bus VIP 32 sièges, de 550 on le fait tomber à 380! Je m'assure tout de même que ce ne sera pas avec la compagnie Phi-Phi Family avec qui j'avais fait le même trajet l'année passée à bord d'un vieux bus congélateur et prétendument VIP malgré ses 50 sièges.
Pas grand chose à faire à Ao Nang, on tue le temps entre ballade et sieste sur la plage et plaisirs du palais jusqu'au lendemain 15h où un minibus vient nous collecter et nous amener vers le point de départ de notre bus.
Là, le tenancier de l'agence me rassure que notre bus sera bien VIP32 et on rigole bien au sujet des arnaques Phi-Phi Family...
Nous serons, en plus des 3 membres d'équipage, 6 passagers pour les quatre premières heures nous menant près de Surat Thani où, lors d'une halte repas, dix autres nous rejoindrons. Ca nous laisse tout de même 2 sièges chacun, donc l'espace pour dormir et pour une fois, l'air conditionné n'était pas exagérément froid.
Réveil tout de même difficile à 5h15 du matin lorsqu'il a fallu débarquer prestement au coin de Kao San Road, les bus des grandes lignes n'ayant théoriquement pas le droit de transporter des passager à l'intérieur de la ville, mais le lieu de débarquement étant un atout publicitaire (les gares routières officielles se trouvant à 45 minutes en taxi), et probablement que c'est aussi, pour autant que les flics ne les coincent pas à ce moment, une économie de "taxe portuaire".
On reprend une chambre dans la même guesthouse qu'à mon arrivée et dodo jusqu'à 10h...
Aujourd'hui on devait rencotrer un frère de Joy et sa mère qui est là pour lui donner un coup de main, mais une histoire éclatée le matin de Kamala et que Joy refuse encore de clarifier fait que je reporte cette rencontre et les frais qu'il serait normal d'assumer dans ce cas.
Pour la suite on verra où ma route nous ou me conduira, et le muezin qui vient déranger mes oreille dans ce pays théoriquement animé par le tolérant boudhisme me dit "Inch Allah"...
A bientôt Cédric